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    <title>BLOG-ECOLOGICUS</title>
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      <title>&quot;Une vie française&quot;</title>
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      <pubDate>Sat, 7 Mar 2009 11:44:47 +0100</pubDate>
      <description>Je vis aujourd’hui à Paris. J’ai retrouvé ceux qui font mon existence, ma famille, mes amis… Ceux qui comptent. J’ai repris un poste d’enseignant et retrouve doucement un rythme français. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Bien sûr, je continue à faire vivre cette aventure. Je lance de nombreux projets de diffusion de ces messages d’espoirs portés par ces Gold Men dont j’ai eu la chance de partager la vie un instant. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et notamment à travers de ce long métrage documentaire qui va pouvoir vous faire vivre ces moments intenses. Nous sommes actuellement en montage et je suis impatient que cela aboutisse ! Cela sera prêt très bientôt… &lt;br/&gt;</description>
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      <title>Retour au Rwanda</title>
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      <pubDate>Sat, 10 Jan 2009 11:39:53 +0100</pubDate>
      <description>Complément de tournage&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Fin décembre. Je reprend mon sac à dos et me prépare à partir pour le Rwanda avec Cyril Peyramond, réalisateur du film. Nous allons y retrouver Eugène Rutagarama, cet homme bon et doux qui a risqué sa vie pour sauver les derniers gorilles des montagnes. Il nous faut y faire quelques compléments de tournage pour le documentaire qui va retracer ce projet. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le Rwanda. Lors de mon premier voyage, ce nom m’évoquait de biens sombres images. Et j’y ai découvert un autre visage. Milles collines et milles jardins. Milles sourires aussi. Va-t-on les retrouver dans ce contexte politique actuel si tendu entre la France et le Rwanda ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et oui, les Rwandais semblent vraiment faire la différence entre la politique et les peuples. Tout se passe bien et Kigali est toujours aussi agréable. Notamment cette soirée de premier de l’an Chez Robert !...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Eugène nous accueille avec chaleur et nous partons sans perdre de temps vers le nord du pays, rejoindre le Parc National des Volcans, ultime demeure des gorilles des montagnes. Il nous y a organisé un trek jusqu'à eux. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pendant une heure, nous progressons à travers la dense forêt qui couvre les versants des volcans du parc et soudain nous y sommes. Ils sont là, encore une fois si proches ! C’est un groupe très varié. Le « dos argenté » (mâle dominant) veille sur les siens. Les femelles se prélassent dans les herbes hautes. Les jeunes jouent dans les branches, s’y agrippent et se laissent porter… Eugène me raconte sa première rencontre avec un gorille, bien plus mouvementée. Il l’avait chargé et Eugène avait du se faire tout petit pour lui montrer qu’il n’était pas une menace…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous profitons de ce temps sur les flancs du volcan. Eugène y puise paix et calme. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous parlons longuement avec lui, de son combat, des douleurs de son pays, du génocide de 1994 et de la nécessaire reconstruction. Un bien long chemin dont les Rwandais ont déjà parcouru une impressionnante partie en quelques années. Reste à espérer qu’ils sauront aller jusqu’au bout. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je suis heureux de retrouver cet homme, nous parlons d’avenir et de tout ce qui reste à faire. Les défis sont passionnants et la volonté de ces Gold Men est une vraie source d’inspiration. &lt;br/&gt;</description>
    </item>
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      <title>Retour en France</title>
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      <pubDate>Thu, 31 Jul 2008 10:40:10 +0200</pubDate>
      <description>Arrivée à Nantes...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et voila, après un an, je suis de retour à Nantes. La boucle est bouclée, pourrait on dire. Je retrouve avec plaisir le cocon familial qui s’est considérablement étoffé pendant mon absence ! C’est agréable et cela me fait beaucoup de bien de passer du temps en famille, avec mes amis…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Thomas, qui gère la communication de la mairie de mon village Grandchamp des Fontaines et qui a suivi toute cette aventure pour le bulletin municipal réalise une interview bilan que je vous propose.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après un an de voyage, comment te sens tu physiquement et moralement ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Tout va vraiment bien aujourd’hui. Physiquement, pas de problème, j’ai eu la grande chance de n’avoir aucun souci de santé durant l’ensemble du voyage. J’ai résisté aux trajets en bus dans la cordillère des Andes, à la solide faune africaine et aux épices des plats indiens !...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et moralement, je suis rentré en paix, renforcé dans certaines de mes convictions. Ce projet a déjà changé ma vie et je n’en perçois certainement pas encore toutes les conséquences. Je sais juste que je ne vivrais plus comme j’ai pu le faire avant. Je suis heureux d’avoir partagé la vie de femmes et d’hommes qui m’ont démontré au jour le jour que mettre au centre de sa vie des valeurs nobles telles que la justice, l’équité, le respect… ce n’est pas être naïf mais c’est juste du bon sens et du pragmatisme pour changer le monde. Ne pas « croire en un monde meilleur », on a tous trop entendu ce slogan… Mais juste le construire, patiemment et résolument. C’est ce qu’ils font au quotidien. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;As-tu eu peur à certains moments ? Certains pays comme la Somalie sont assez « chaud » ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Non, pas vraiment de peur car j’ai préparé avec minutie cet itinéraire. Dans chaque pays où je suis allé, c’était pour rencontrer une personne y vivant et travaillant. J’ai donc été très bien entouré à chaque fois. En Somalie par exemple, Fatima que j’ai retrouvée sur place avait organisé la sécurité. Nous nous déplacions à plusieurs voitures, protégés par des hommes armés de kalachnikovs. Il faut respecter les règles qu’ils nous donnent et prendre rapidement les bons réflexes. C’est étrange au début, mais c’est malheureusement leur quotidien et on s’y adapte. Et d’ailleurs bien plus vite que je n’aurai pu le croire. &lt;br/&gt;Par contre, certains lieux où j’ai été seul m’ont plus mis mal à l’aise. Je ne veux pas retourner à Nairobi au Kenya par exemple, cette ville m’a semblé trop dangereuse. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ton meilleur souvenir ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mon meilleur souvenir traverse l’ensemble de mon voyage. Ce n’est pas un pays en particulier ou une seule rencontre singulière. Au contraire, c’est la qualité humaine jamais prise en défaut de ces Gold Men ! Un mélange d’humilité, d’efficacité et de sérénité qui m’a laissé une trace indélébile. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ton pire souvenir ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mes quelques jours à Jakarta. Trop polluée, trop sale, trop bruyante, sans âme… J’espère qu’elle n’augure pas du visage de nos futures grandes mégalopoles ayant échouées à gérer les problèmes de concentration des populations et de gestion des déchets…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Parmi toutes les rencontres, lesquelles t’ont le plus marquées ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Comme je te disais, elles m’ont toute marqué, plus ou moins profondément. Il y a des images que je garderais toujours en moi. Comme le sourire de Fatima sous son chapeau immense qui m’accueille sur la piste défoncée de l’aéroport de Bosaso. Comme les larmes d’Eugène parlant du passé de son pays, le Rwanda et de sa difficile reconstruction. Comme la sagesse charismatique de Juan Pablo, les yeux perdus dans ses montagnes patagoniennes. Comme la bonté inébranlable d’Alexis et qui semble diffuser de lui comme un parfum capiteux. Comme ces nuits passées à discuter avec Démétrio de la difficile naissance de son pays, le Timor Oriental…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après avoir rencontré tous ces « héros de l’Environnement », tu es plutôt optimiste ou pessimiste sur l’avenir de la planète ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’étais parti avec beaucoup de questions et de doutes. Grâce à eux, je reviens avec la foi dans notre capacité à faire le Bien, surtout si nous reconnaissons que nous sommes faillibles. Il faut donc lutter sans se culpabiliser. Le premier combat est intérieur et correspond à la question « mais que puis je faire ? Se la poser est le premier pas pour changer. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je suis définitivement optimiste quant à notre avenir sur cette planète. Il y a aujourd’hui plus d’un million d’organisations environnementales, de justice sociale, de défense des droits des peuples premiers… C’est le mouvement qui croît le plus vite sur Terre ces dernières années. Ne nous sentons donc pas écrasés par le poids de ces défis environnementaux (changements climatiques, perte de biodiversité, raréfaction de l’eau potable…) mais rejoignons plutôt ce mouvement qui contribue à réinventer ce qu’est « être un homme » au XXIème siècle. Un Homo-Ecologicus, sans doute…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est facile de ne pas croire à la portée de ses propres actes individuels, mais chaque personne qui modifie ses habitudes ajoute à ce mouvement collectif et fait partie de la solution à long terme. Et c’est surtout un moyen puissant de montrer à nos leaders que nous sommes prêts, qu’ils ne peuvent plus se cacher derrière notre prétendue passivité ! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quels sont tes projets maintenant ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ils sont nombreux ! Tout d’abord, je veux transmettre et partager ce que j’ai appris. Cela passera par un livre, un film, des conférences débats… En France et sans doute ailleurs. Cela reste à construire. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et puis je reprends mes fonctions d’enseignant dans un petit collège de Paris. Il va donc falloir que je prépare ma rentrée et mon cartable ;-)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour terminer, j’ai envie de laisser résonner cette phrase de Jean Claude Guillebaud, « la prochaine planète ne sera pas notre héritage mais notre création. Le monde qui nous attend n’est pas à conquérir mais à fonder ». </description>
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      <title>Inde</title>
      <link>http://www.homoecologicus.eu/FR/Blog/Entrees/2008/7/30_Inde.html</link>
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      <pubDate>Wed, 30 Jul 2008 10:40:30 +0200</pubDate>
      <description>L’arrivée à Delhi me confronte à la multitude. Des bruits comme jamais ils ne m’ont encerclé… De la foule comme jamais je ne m’y suis perdu... De l’odeur de l’Inde si chère à Pasolini… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous prenons rendez vous à l’ambassade de France pour savoir si ces visas touristes peuvent vraiment poser problème pour ce que nous avons à faire à Bhopal. Ce lieu et l’histoire qu’il porte sont toujours très sensibles…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On nous y assure que si nous tentons de filmer, nous irons croupir en prison. Et évidemment, dans la plus grande tradition française des ambassades, il nous est bien rappelé que personne ne pourra rien pour nous dans ce cas. Surtout pas eux !... S’il y a bien une constante à l’étranger, c’est de ne pas trop compter sur son ambassade !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Par contre, le service presse nous donne un contact pour aller rencontrer de jeunes français installés en Inde et qui ont montés leur boite de prod (sujet d’actualité et mag). Ils doivent nous convaincre de notre folie…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A peine arrivés chez eux, ils nous rassurent et nous disent de foncer, il n’y a rien à craindre ! Super, nous sommes de nouveau gonflés à bloc. Surtout que l’on profite de leur piscine pour se rafraîchir les idées !...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous profitons des quelques jours que nous avons sur Delhi pour nous adapter au rythme indien et visiter quelques hauts lieux de la ville, la Jama Masjid, le quartier Rajpath et ses bâtiments officiels, le magnifique Qutb Minar, la tombe de Gandhi… Et les parcs où nous laissons descendre les nuits…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le temps de prendre un billet de train (ce qui n’est pas rien en Inde) et nous partons pour Bhopal. J’appréhende cette étape car je sais qu’elle va être difficile. Le train arrive, je cherche du regard l’usine, la tueuse. Je ne la vois pas. Pas encore.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L'histoire de la tragédie de Bhopal est une histoire simple, une histoire triste à pleurer, une autre de ces histoires prévisibles où le profit passe avant l'homme.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En 1980, Union Carbide, ouvre une usine de pesticides dans la capitale régionale indienne de Bhopal. Cette multinationale américaine est soucieuse du développement de l'agriculture dans les pays du Sud. Mais la sécheresse sévit et les ventes s'avèrent mauvaises. Peu à peu, le personnel qualifié de l'usine est licencié, les frais d'exploitation réduits, les règles de sécurité se relâchent… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une nuit de décembre 1984, une réaction chimique en chaîne se produit. Une cuve mal entretenue laisse échapper un nuage de gaz mortel. Celui ci se répand sur les quartiers les plus pauvres de la ville. La panique s'étend et, dans la plus totale incompréhension, des centaines de milliers de personnes sont prises au piège, errant dans les ruelles étroites du bidonville, cherchant des secours qui tarderont à se mettre en place. Le gaz attaque d'abord les yeux, entraînant une cécité provisoire dans les cas favorables, avant de s'engouffrer dans les poumons pour provoquer de graves insuffisances respiratoires. Les trois cent cinquante médecins de la ville qui peu à peu se mobilisent perdent du temps à comprendre ce qui se passe car aucun d'entre eux n'a été informé sur la nature exacte du MIC (isocyanate de méthyle) et des dangers qu'il présente.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Frappés dans leur sommeil, les gens suffoquent, succombent en deux minutes. 8 000 morts en une nuit, près de 30 000 en une semaine, près de 500 000 victimes en 25 ans.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Telle est la réalité qui a frappé Bhopal.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je vais rencontrer Rasheeda Bee et Champa Devi Shukla qui ont reçu le Prix Goldman en 2004. Elles sont devenues les porte-drapeaux des victimes de cette tragédie, en initiant une campagne internationale et en se portant partie civile dans une action en justice demandant le nettoyage du site de Bhopal et des compensations pour les individus affectés.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A l’aide de l’argent qui va avec le prix, elles ont mis en place une fondation « Chingari Trust » avec trois objectifs. Aider les enfants handicapés suite aux conséquences de la catastrophe, aider les familles à trouver les moyens de gagner leur vie, récompenser les femmes indiennes qui luttent contre les déséquilibres communautés/grandes entreprises. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Rasheeda et Champa Devi nous accueillent dans la petite pièce qui sert de salon d'accueil. L'échange s'installe, je raconte mon voyage (dont elles sont la dernière étape)… elles évoquent leur lutte… Mais c'est par le biais d'un livre qu'elles me font plonger dans la tragédie de Bhopal. Un livre racontant leurs propres histoires. La fuite, les morts, les maladies, les renoncements… Et leur rage d’affronter tout cela. Comment trouver les mots ? Comment accompagner la douleur ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je le vivrai à plusieurs reprises tout au long de ce séjour : même 25 ans après, les souvenirs de la tragédie continuent d'envahir et d'asphyxier ceux et celles qui furent les premières victimes de cette catastrophe. Je suis submergé comme je ne l’ai jamais été. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Tarun, l’administrateur de la fondation me fait découvrir ensuite les espaces de travail. Ma véritable rencontre avec le quotidien de Chingari Trust se fait accroupi, près de ces mères, de ces enfants… les nouvelles victimes de la tragédie. Leur langue n'est pas la mienne, leur souffrance non plus, mais entre leurs sourires, les attitudes de ces femmes, la vie est là. Je n'y suis pas étranger.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je veux entrer dans cet espace calmement, exister avec eux sans les agresser. Je ne peux pas entrer dans leur langue, mais juste faire parler mon corps, mes gestes. Je suis dans une forte émotion qui me renvoie toujours à la question de savoir si je suis bien à ma place. Je pense que oui, entre l’affection immédiate que j’ai pour ces gamins et le choc de prendre conscience ce qu’est leur vie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je ressens le besoin d’être un peu seul, je ne peux plus maîtriser mes sentiments et j’ai envie de calme et silence. Je vais me réfugier sur les bords du lac et laisse passer la fin de journée. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;De retour à l'hôtel, j'ai du mal trouver le sommeil. Maintenant, je commence à avoir des images à mettre sur cette nuit d'il y a 25 ans. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Seconde journée à Chingari. La fondation est assaillie de journalistes, venus sans prévenir… Décalage… On se glisse dans un autre rythme, prenons le temps, discutons avec Rasheeda, Champa Devi, son équipe soudée et multiconfessionnelle… Les familles, les kinés bénévoles qui viennent s’occuper des enfants…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous devons obtenir une autorisation officielle pour aller sur le site de l’usine. Mais elle ne vient pas. Alors, on décide avec Cyril de s’en passer et d’aller une première fois sur place, sans caméra.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L'usine se trouve au milieu de la ville, au cœur des bastis, les bidonvilles indiens qui, il y a 25 ans, entouraient déjà l'usine et où vivaient la plupart des victimes. Presque rien ne sépare l'usine de ces bastis. Avec le temps, le mur d'enceinte s'est effondré par endroits et les Bhopalis ont pris l'habitude de traverser le site pour se rendre à leur travail ou faire paître leurs animaux. Les enfants viennent y jouer… La nature semble y reprendre ses droits, les arbres fissurent le béton, l’herbe y cache les débris, les plantes investissent les lieux… Mais j’ai une très désagréable impression, la même que celle ressentie au Kazakhstan il y a plus d’un an, sur un site des essais nucléaires soviétiques. Un lent poison invisible est à l’œuvre ici. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est un premier tour rapide car nous sommes raccompagnés calmement mais fermement à la sortie de l’usine par les gardiens du lieu…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous irons rencontrer d’autres acteurs de la vie de Bhopal de l’époque de la catastrophe (journaliste, médecin…). Ils nous offrent leurs souvenirs.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Puis après plusieurs jours d’attente, l’autorisation d’entrer sur le site de l’usine arrive enfin. Tarun nous accompagne, c’est la première fois qu’il y va et il ne nous cache pas ses craintes. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ni l’usine ni ses environs n’ont subi de décontamination depuis 25 ans, des produits toxiques sont toujours stockés sur place et l’usine a empoisonné les sols et les eaux que consomment 5000 familles vivant alentours. Ces eaux recèlent aujourd’hui du mercure, du plomb, du nickel, du zinc…parfois à un niveau 6 millions de fois supérieur à la normale. On retrouve ces métaux lourds dans le lait maternel. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ces toxiques infiltrent les tissus humains et provoquent de nombreuses maladies, problèmes cardiaques, malformations, retard de croissance… La liste est aussi longue que variée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Des milliers d’enfants sont victimes de malformations congénitales que leurs parents soient survivants du gaz ou qu’ils soient de simples consommateurs d’eau contaminée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ce n’est pas un secret mais finalement c’est très peu connu. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous passons d’autres journées à Chingari, nous assistons aux séances de kiné. Puis Champa Devi nous accompagne dans les bastis pour rencontrer les membres d’une famille dont les enfants sont suivis par la fondation. Les eaux sont contaminées et ils sont tous obligés de la boire pour survivre. Ce qui provoque au quotidien des maux de tête, d’estomac, des éruptions cutanées douloureuses… Et ce, en plus des maladies auxquelles ils doivent faire face. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pourtant, des survivants de la tragédie ont obtenu de la Cour Suprême indienne en mai 2004, que de l’eau potable soit acheminée vers les communautés. Le gouvernement local n’a toujours pas respecté cette injonction. Seuls quelques tankers d’eau sont irrégulièrement approvisionnés et ce n’est malheureusement pas suffisant. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Encore une fois, je suis face à l’impuissance du faible. Et à la raison du plus fort, c'est-à-dire du plus riche. C’est toujours la même histoire, sans surprise. Je suis si fatigué de cette répétition… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Heureusement, nous passons de bons moments avec Angie, la fille de Tarun sur les bords du lac ou au chowk, lieu de commerce et d’échanges. Très agréables moments à discuter de la jeunesse indienne, ses rêves et ses cauchemars. Il m’est salutaire de pouvoir penser à autre chose. Ou ne plus penser à rien en fait. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous repassons autour de l’usine. Sur les murs subsistants se dessine l’histoire des 25 ans de lutte des survivants. Leur colère, leurs marches vers Delhi, leur rage de ne compter pour rien… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous allons également au cimetière où la majorité des corps ont été brûlé. Nous y passons un moment rare de contemplation, hors du temps. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Puis viennent nos derniers instants à Chingari Trust. Comme à chaque fois, à chaque rencontre, dans chaque pays, je fixe l'image de ceux que j'ai croisé. Ceux qui, l'espace de quelques jours, m'ont accueilli dans leur quotidien, leur intimité, leur histoire. M’ont fait partager leur vie. Une densité des choses et des êtres. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Est ce parce qu'il s'agit de la dernière étape de ce tour du monde ? Je ne parviens pas à interrompre ce rituel des photos, cherchant de nouveaux décors, de nouveaux angles… La séance se prolonge, comme une façon de garder un contrôle illusoire sur ce temps qui me réclame, de le suspendre au déclencheur de mon appareil… une façon de fixer ces visages, de m'ancrer dans ces sourires, de leur dire ainsi mon affection… Etre l’un des leurs…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Bhopal est une mémoire dont on ne sort pas indemne. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’ai besoin de m’en extirper un peu avant de pouvoir penser revenir en France. Pour cela, je pars vers Agra et son si célèbre mausolée, le Taj Mahal. Un rêve de marbre qui attire les touristes du monde entier aussi sûrement qu’une forte lumière draine les papillons de nuit. Et malgré cette foule, le respect seul en moi domine. Pour la démesure de l’amour de l’Homme qui en a fait la dernière demeure de la femme qu’il a aimée. Pour la perfection qui en rayonne. Pour la blancheur qui assassine.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je m’y perds et j’oublie, un peu… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Varanasi, ville Sainte s’il en est, où les Hindous viennent mourir dans le but d’échapper au cycle des réincarnations… Je voulais être ici pour terminer mon voyage, regarder la vie et la mort qui passent et s’enlacent. Ces berges du Gange sont tellement chargées. S’y côtoient sans se combattre dense spiritualité et misérable spéculation religieuse. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une paix inespérée, puissamment douce m’emplit. Je repense à toute cette année. A ce qui s’achève ici et maintenant, qui va j’espère me permettre de renaître « neuf » à ma vie qui avance. Neuf dans le sens où j’ai trouve des réponses à la question fondamentale « mais que puis je faire ? » &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le premier pas c’est de se poser sincèrement cette question, pour s’engager. Le premier combat est définitivement intérieur, afin de se convaincre de notre capacité d’action. Je crois au pouvoir de l’exemple, le sien propre et celui des autres. A la diffusion, au rayonnement bénéfiques de ses actions. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour cela, il faut chercher en soi ce qui nous touche le plus, s’informer, s’éduquer, trouver les personnes qui partagent et défendent vos convictions. Rendre concret son engagement et c’est ainsi que nos actes individuels peuvent rejoindre un mouvement collectif. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il y a aujourd’hui plus d’un million d’organisations environnementales, de justice sociale, de défense des droits des peuples premiers… C’est le mouvement qui croit le plus vite sur Terre. Alors il ne faut pas se sentir dépasser par les défis d’aujourd’hui. Mais plutôt s’y investir et contribuer  à réinventer ce qu’être un homme au XXIeme siècle veut dire. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est difficile de croire à la porte de ses propres actes, mais chaque personne qui change ses habitudes ajoute à un mouvement significatif. Changer notre manière d’agir et de vivre est une partie de la solution à long terme. Et c’est surtout un moyen puissant de démontrer à nos dirigeants que nous sommes prêts. Qu’ils ne puissent plus se cacher derrière notre prétendue passivité. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ma vie change et je ne perçois certainement pas toutes les conséquences que ce parcours aura sur ma vie. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je suis juste heureux d’avoir partagé la vie de femmes et d’hommes qui m’ont démontré que mettre au centre de sa vie des valeurs nobles telles que la justice, l’équité, le respect… ce n’est pas être naïf. Au contraire, c’est faire preuve de bon sens et être pragmatique pour changer le monde. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ne pas « croire en un monde meilleur », c’est un slogan que l’on a tous trop entendu. Mais juste le construire ce monde meilleur, patiemment et résolument. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;« Car le jour viendra – à moins que l’Homme ne se suicide – où une société nouvelle fera sa place au paysan, au travailleur, à l’artiste et au penseur ». Théodore Monod.</description>
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      <title>Philippines</title>
      <link>http://www.homoecologicus.eu/FR/Blog/Entrees/2008/7/7_Philippines.html</link>
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      <pubDate>Mon, 7 Jul 2008 10:39:47 +0200</pubDate>
      <description>Arrivée à Manille. Les premières images sont toujours impressionnantes, elles foisonnent de béton et d’acier, entremêlent véhicules et hommes, débordent de tubes, tuyaux et fils… 14 millions d’habitants se partagent comme ils le peuvent cet espace déjà trop exigu…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La première matinée nous rencontrons tous les membres de l’équipe qui vont nous aider dans nos démarches ici. Et notamment en nous permettant d’entrer sur les sites de décharges qui sont habituellement interdits aux étrangers. Encore plus aux journalistes !… Manny et Anne de l’association « GAIA » et Rei de l’association « EcoWaste Coalition » nous seront très précieux et nous impressionnent par leur efficacité. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ensuite nous allons à l’ambassade d’Inde afin de faire faire nos visas. Mauvaise surprise, les délais sont très longs et il va falloir jouer la carte des visas touristes, pour Cyril également. Délicat, c’est un vrai risque pour lui d’y entrer ainsi. Nous déposons les dossiers et j’essaie de jouer la corde sensible pour que nos dossiers soient traités le plus vite possible. On nous assure qu’ils feront de leur mieux… Reste à espérer que cela va marcher, sinon nous perdons nos billets d’avion vers l’Inde…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et en soirée, nous dînons avec Beau Baconguis, une collaboratrice Von Hernandez à « Greenpeace - Asie du Sud Est ». Elle est chargée des campagnes autour de la gestion des déchets toxiques et nous éclaire sur la situation à Manille. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Fidèle à son fonctionnement, Greenpeace joue la carte médiatique. Aujourd’hui a lieu un événement autour de la mise en place de véhicule électrique pour les transport en commun. C’est la première fois que des jeepney électrique vont être mis en circulation à Manille. Une jeune actrice célèbre est venue apporter son soutien aux militants. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Von veut donner un retentissement national à cette avancée et il est donc rentré de Bangkok spécialement pour l’occasion. C’est très rare qu’il fasse ce type de déplacement car il est très attentif à conserver une empreinte écologique la plus basse possible. Difficile néanmoins lorsque l’on travaille sur toute la zone Asie du Sud Est et qu’il lui faut constamment jongler entre Bangkok, Jakarta et Manille… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Comme il repart juste après cet événement, l’interview se réalise dans sa voiture, en route vers l’aéroport ! La vie de Von est une course aujourd’hui.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Son discours est super clair, efficace et réaliste. C’est un sacré bonhomme. Vraiment sympathique et empathique. Qui oublie tout de même son portefeuille dans la voiture ! Je cours essayer de le rattraper et fais passer une annonce dans l’aéroport pour qu’il vienne le chercher ! Ah ah ah ! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Anne nous sert de guide à Manille et nous découvrons le centre ville, ses différents quartiers, ses places historiques, ses faubourgs… Nous essayons d’en comprendre l’organisation… Ses lieux saints, ses marchés…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et en fin de journée, nous allons jusqu’aux « Smokey Mountains ». Un ancien village de pêcheurs qui a été transforme en décharge pendant plus de 60 ans. L’accumulation des déchets a complètement modifié le paysage même du site. Des montagnes d’ordures (au sens littéral) s’y dressent. Le site est abandonné aujourd’hui, une nouvelle décharge a été mise en place juste en face, au niveau du port qui a été construit sur des remblais fait de déchets… Lito, qui vit ici et qui a été collecteurs de déchets nous ouvre les portes de ce site. Il a appris à parler anglais en retrouvant de vieux livres et magazines dans les déchets qu’il triait.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Des familles ont tout de même décidé de rester vivre sur les « Smokey Mountains » et exploitent le site dans un logique de mine. Ces hommes et femmes y creusent pour retrouver plastiques et métaux qu’ils pourront ensuite revendre. Nous discutons avec une de ces familles et décidons de nous revoir le lendemain. Nous y passons la journée. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est difficile d’être là. De partager un bref instant de leur vie et de leur absence d’espoir. Ils ne voient pas d’avenir pour eux. Peut être pour les enfants, s’ils vont assez régulièrement à l’école… Mais plus pour eux. Juste vivre au jour le jour et peut être, s’ils mettent suffisamment d’argent de coté, retourner en province, là d’où ils viennent. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ils ont rêvés de la capitale et d’emploi, d’argent plus facile. Mais ils n’ont trouvé qu’exploitation et misère. Aujourd’hui ils gagnent mieux leur vie dans les décharges que dans les usines où ils avaient été embauchés. Et surtout, ils se sentent maître d’eux-mêmes. Plus de chef ou d’ordres. Ils travaillent pour eux. Ils me disent se sentir utile, contribuer à la meilleure santé de la société de leur pays en réglant une partie du problème des déchets. Utile à la planète en elle même. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Lito nous mène ensuite à « Pier 18 », la nouvelle décharge. C’est bien plus agressif… Bruits, fumées, odeurs… C’est violent. Et au milieu de tout cela, des ribambelles d’enfants jouent à moitié nus… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous allons passer une autre journée sur le site de Payatas. De nouveau une ancienne décharge à l’histoire sinistre. Des montagnes de déchets, des communautés qui s’installent autour et y construisent leur maison. Une nuit, des pluies diluviennes provoquent un glissement de terrain, des centaines de personnes sont ensevelies sous les ordures dans leur sommeil et meurent asphyxiées ou écrasées… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette décharge est fermée aujourd’hui mais cela reste très difficile d’entrer sur le site. Nous prétextons un intérêt pour un projet de centrale de biogaz pour y accéder. Cela fonctionne et nous pouvons prendre conscience de l’immensité du site. Cette question de la gestion des déchets me semble devenir vraiment prioritaire vu les flux de populations.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et nous allons donc découvrir des projets de recyclage et utilisation de déchets comme ressources réutilisables. Notamment le travail de femmes autour des tissus et de la confection de sacs, tee-shirts… Ou de recyclage des plastiques pour en faire des briques. De compost dans les mairies de Manille…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Soirée paisible avec un coucher de soleil sur la baie de Manille.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Heureusement, nous sortons avec Anne, Beau et d’autres militants pour se changer un peu les idées et passons avec elles d’excellentes soirées. Nous retrouvons par hasard un jeune musicien pour la troisième fois dans un bar différent. Il croie que nous le suivons à la trace et il nous dédicace une chanson. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Merci beaucoup à Manny, Rei, Anne, Lito… pour l’organisation parfaite de la semaine Vraiment bravo !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et après de nombreuses péripéties (convocation par le consul d’Inde qui nous menace, nous ne devons rien filmer en Inde…), nous obtenons nos visas indiens. Visas touristes bien sur, ce qui inquiète Cyril. On verra bien sur place…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En tout cas, voilà la fin qui s’annonce. Dernier pays, dernière étape, derniers Gold Men…</description>
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